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Hier et aujourd'hui . . .

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Ce que cette page vous réserve . . .

     

Les lectures bibliques des dimanches et jours de fête de l'année liturgique offrent un trésor dont la richesse est toujours actuelle.

De semaine en semaine, elles nous donnent l'occasion de faire de nouvelles découvertes.

La parole de Dieu devient alors signifiante et active dans nos vies et nous permet de rencontrer celui qui est lui-même Parole de Vie.

Vendredi Saint, la Passion du Seigneur, année B -2024

Il y a des choses qu’on apprend dans les livres – on étudie, on comprend…
Il y a des choses qu’on apprend en observant – ce qui se produit, ce qui se réalise…
Il y a des choses qu’on apprend… uniquement… en les vivant – on en fait l’expérience…

Lui, il avait dit:
« Voici que l’heure vient – déjà elle est venue… » (Jean 16:32)
C’était maintenant son heure – l’heure où il allait faire l’expérience…

Sa vie à Nazareth lui avait appris la dureté du bois – son corps allongé sur la croix lui en donnait maintenant la sensation implacable.

Apprenti charpentier avec Joseph, il avait sans doute fait usage des clous – mais des clous perçaient maintenant ses mains et ses pieds…

 

La vie de son village en Galilée lui avait permis de côtoyer bien des gens – mais au début de sa vie prêcheur itinérant, son expérience était révélatrice:
« Il ne se fiait pas à eux parce qu’il les connaissait tous…
lui-même connaissait ce qu’il y avait dans l‘homme » (lire: ‘l’être humain’) (Jean 2:24-25).

Mais aujourd’hui, ce jour du vendredi si différent des jours passés, il allait en faire l’expérience.
Bien sûr, à quelques reprises, il en avait parlé:

« Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes;
ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes,
qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront… » (Marc 10:33-34).

Il avait même dit à ses apôtres, ceux qui étaient avec lui depuis trois ans déjà:
« Vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul… » (Jean 16:32).
Ils n’avaient pas compris… Lui savait mais… c’était maintenant qu’il en faisait L’expérience…

Oui, il connaissait l’être humain – ce qu’il était pour le meilleur et pour le pire…

Il allait faire l’expérience du pire pour sauver le meilleur!
Il était prêt à en payer le prix…

Le prix… en sueur, en sang, en soif, en souffrance indicible…

L’incompréhension en réalisant le reniement de l’un de ses plus proches compagnons:
« Pierre se mit à jurer ave force et imprécations: ‘Je ne connais pas cet homme’… » (Matthieu 26:74).

La peine à la vue de son peuple – le peuple de l’Alliance – affirmer: « Nous n‘avons de roi que César… »
(Jean 19:15).

L’humiliation en présence des autorités religieuses qui hurlent:
« Il en a sauvé d’autres, et il ne peut se sauver lui-même… » (Matthieu 27:42).

La stupéfaction devant les moqueries des grands prêtres présents:
« Que le Christ, le Roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions… » (Marc 15:32).

La consternation face à l’abdication de responsabilité du pouvoir romain:
« Pilate pris de l’eau, se lava les mains devant la foule… » (Matthieu 27:24).

L’impression de la cruauté des soldats qui, non contents de le flageller, l’affublent d’un costume royal ridicule:
« Et ils s’avançaient vers lui et disaient : ‘Salut, Roi des Juifs!’ Et ils lui donnaient des coups » (Jean 19:3).

La pitié à la vue de l’insolence du larron qui le défie avec arrogance:
« N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi… » (Luc 23:39).

La solitude absolue face à ce qu’il perçoit comme l’absence de son Père:
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?… » (Marc 15:34).

Le prix: « Il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ;
il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards… » (Isaïe 52:14).

Le prix… il l’était devenu – la rançon – diraient certains, du pire de l’humain
pour ressusciter en Lui, et en chacun/e, le meilleur du Dieu qui a créé l’humain à son image.

 

Note: Une autre réflexion, sur un thème différent, est disponible en anglais à: https://image-i-nations.com/good-friday-the-passion-of-the-lord-year-b-2024/

 

Source: Image: https://www.moineruminant.com

Comments

  1. Teresa del Pozo Penafiel

    Vous nous avez offert un véritable Chemin de la Croix pour ce Vendredi… Quel sentiment de solitude a dû être le Sien… ce cri au Père est l’ultime preuve qui montre à quel point il s’était fait homme… pour mieux comprendre nos faiblesses, pour mieux nous aimer dans nos limites. Merci!!!

    1. Vous avez identifié l’élément ultime – selon moi – Teresa: l’affreux, l’indicible sens d’abandon du Christ, et pourtant il osera dire quelques minutes plus tard: « Entre tes mains… » Une confiance audacieuse…

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